OMM
Observatoire de la migration de mineurs
Brève introduction à la migration de mineurs

Brève introduction à la migration de mineurs

Si la migration de personnes de moins de 18 ans de façon indépendante ou dans un cadre familial est un phénomène ancien, ça n’a été qu’au cours des années 90 que les arrivées d’adolescents seuls surtout en provenance des continents africain et asiatique ont commencé à être médiatisées en Europe.

Que ce soit d’un point de vue académique ou d’un point de vue pratique, le sujet de la migration des mineurs se précise autour d’un regard pluridisciplinaire et transnational analysant la multiplicité d’aspects et de thématiques qui forme ce mouvement migratoire aujourd’hui consolidé : les contextes sociaux et économiques de départ à différentes échelles (famille, communauté, zone géographique, pays) ; les facteurs qui déterminent la décision de migrer ; les stratégies et routes migratoires utilisées ; les parcours et la situation dans les pays de transit ; la situation et le traitement des mineurs dans les pays d’accueil ; la mobilité des mineurs migrants entre les différents pays de destination etc…

D’un point de vue juridique, la question des mineurs migrants dits ‘non accompagnés’, ‘séparés’ ou ‘isolés’ sous-entend une catégorisation complexe, fondée sur un double traitement, en principe antagoniste, qui combine d’un côté, le droit à la protection en tant que mineurs privés de leur entourage familial proche et, d’un autre côté, un traitement à leur égard en tant que migrants potentiellement irréguliers ou demandeurs d’asile. Dans le contexte européen, plusieurs échelles législatives se juxtaposent : le droit international des Droits de l’Homme, en particulier la Convention internationale de Droits de l’Enfant et, dans une moindre mesure, la Convention Européenne de Droits de l’Homme ; le droit communautaire qui aborde la  question exclusivement depuis le prisme de l’asile et du contrôle migratoire ; et enfin, les droits nationaux. Dans ceux-ci, on combine souvent l’application de la législation commune de protection de l’enfance en ce qui concerne l’accès du mineur à une prise en charge avec l’application des normes du droit des étrangers et du droit d’asile pour ce qui est du  processus d’identification du mineur non accompagné ou isolé en tant que tel. Les normes issues du droit des étrangers s’appliquent également aux questions relatives aux conditions administratives d’autorisation de séjour, qu’il soit temporaire ou permanent.

Du point de vue des sciences sociales, la migration des mineurs reste aujourd’hui un phénomène peu exploré tant en ce qui concerne les différentes problématiques associées (profils, routes migratoires, situations de vie actuelles, projets de vie, degré de vulnérabilité et capacité d’action et autonomie, questions identitaires, santé mentale, etc…) que les différents terrains envisageables (en particulier les contextes de départ). Au niveau méthodologique, au caractère instable, invisible et potentiellement inaccessible de cette population s’ajoute la difficulté de l’utilisation des outils d’enquête ‘classiques’ (notamment des entretiens) auprès d’une population souvent adolescente mais aussi en situation d’exil. Aux méthodes classiques qui doivent nécessairement s’appliquer sur le temps long devraient progressivement s’ajouter des innovations méthodologiques (méthodes audiovisuelles, recherche participative) dans un objectif d’optimiser l’obtention de résultats et leur validité.

Le laboratoire MIGRINTER, UMR 7301, Migrations, espaces et sociétés, CNRS- Université de Poitiers, a été depuis 2005 une des institutions académiques pionnière en France dans l’étude de cette thématique émergeante, et cela à partir d’une approche internationale comparative et multidisciplinaire.

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