Casa Betania is a project of La Merced Migraciones Foundation that welcomes a group of young asylum seekers (18-25 y/o) of different nationalities. Invited by Michel Bustillo and Sara García, we had the opportunity to spend two days of exchange with the young people in this space that constitutes a model of respectful and dignified reception where they feel at home. During a first collective discussion session, we tackled various issues of concern to them: the asylum application, access to work, leaving the centre, external housing, getting a residence status, mental health, religion, sport, the need to be patient, the importance of having friends, how to integrate into society, etc.
In a second session organised with the help of Angie, Humberto and Natalia, we proposed a first time of collective drawing in free format and a time of expression around two topics: firstly, what are the positive aspects of their new life in Europe; secondly, what other aspects are not so positive and they would like to be able to change?
Work in progress
The results are detailed below. Huge thanks to the young people and volunteers for this beautiful collective achievement.
HUMMING-BIRD POSTER
From left to right and from top to bottom : Drawings by Luis Carlos, Angie, Mohammed, Bananding, Natalia and Humberto.
BLACK-BIRD POSTER
From left to right and from top to bottom : Drawings by Macan, Omar, Marian, Mohammed, Natalia, Daniel, Adi, Mouhamed
« What I like about Europe is the quality of life and the opportunities given to people to grow internally. What I don’t like is that I see a certain unconsciousness in basic actions of society » (Luis Carlos, Colombia).
« I feel calm and confident -> positive. I remain without work and without papers for me in Spain. I am confident in my efforts, I am opening doors that I don’t see yet » (Mohammed, Senegal).
« I like the protections. And help to know how to speak languages. And trainings. The most important thing is the papers. The people who are refused. How are they going to improve their situation? » (Bananding, Senegal).
« Here in Spain without papers you can’t make a contract to work, I don’t like that. Here you live as you want, there is peace and quiet. There are good things, that’s why I like it » (Macan, Mali).
« My name is Omar Camara, since I arrived in Europe, especially in Spain, my life has changed completely. I have seen many things and I realised many things. About life in Europe and in Africa, it’s not the same, because if you don’t have papers you can’t work » (Omar, Guinea).
« There are more opportunities. Higher standard of living. Good infrastructure. There are some cold, less friendly people » (Marian, Romania)
« There are many opportunities available here to work. At the same time if there are no papers, there are no good jobs » (Mohammed, Morocco).
« Security. To be well. Change not having a job, be able to work » (Adi, Senegal)
« This goes to all migrants who had to leave their countries in search of a better future. Resist. That is what you have left. Courage. Lots of strength. My family who are far away. I just want to tell them that they are my everything and my strength. You don’t know how much I miss you. Living far away is not easy but I know that I am fulfilling my dreams. Every day that goes by I can’t wait to see you all. I can’t wait to hug you. I love you » (Mouhamed, Senegal).
Atelier d’expression casa Betania- Malaga- 16,17 avril 2024
La Casa Betania est un projet de la Fondation La Merced Migraciones qui accueille un groupe de jeunes demandeurs de protection internationale de différentes nationalités. Invités par Michel Bustillo et Sara García, nous avons eu l’occasion de passer deux jours de cohabitation et d’échange avec les jeunes dans cet espace qui constitue un modèle d’accueil respectueux et digne où ils se sentent chez eux. Lors d’une première session de discussion collective, nous avons abordé différents sujets qui les préoccupent : la demande de protection internationale, l’accès au travail, la sortie du centre, le logement, les critères de régularisation, la santé mentale, la religion, le sport, la nécessité d’être patient, l’importance d’avoir des amis, comment s’intégrer dans la société, etc.
Dans une deuxième session organisée avec l’aide d’Angie, Humberto et Natalia, nous avons proposé un premier temps de dessin collectif au format et contenu libres et un temps d’expression écrite autour de deux thèmes : d’une part, quels sont les aspects positifs de leur nouvelle vie en Europe ; d’autre part, quels sont les autres aspects moins positifs qu’ils aimeraient pouvoir changer ?
Work in progress
Les résultats sont détaillés ci-dessous. Un grand merci aux jeunes et aux bénévoles pour cette belle réalisation collective.
POSTER COLIBRI
De gauche à droite et de haut en bas : Dessins de Luis Carlos, Angie, Mohammed, Bananding, Natalia et Humberto.
POSTER MERLE
De gauche à droite et de haut en bas : Dessins dede Macan, Omar, Marian, Mohammed, Natalia, Daniel, Adi, Mouhamed
« Ce que j’aime en Europe, c’est la qualité de vie et les possibilités offertes aux gens de s’épanouir sur le plan interne. Ce que je n’aime pas, c’est que je constate une certaine inconscience dans les actions de base de la société » (Luis Carlos, Colombie).
« Je me sens calme et confiant -> positif. Je reste sans travail et sans papiers pour moi en Espagne. Je suis confiant dans mes efforts, j’ouvre des portes que je ne vois pas encore » (Mohammed, Sénégal).
« J’aime les protections. Et l’aide pour savoir comment parler les langues. Et les formations. Le plus important, ce sont les papiers. Les gens qui sont refusés. Comment vont-ils améliorer leur situation? » (Bananding, Sénégal).
« Ici, en Espagne, sans papiers, on ne peut pas signer de contrat de travail, et je n’aime pas ça. Ici, on vit comme on veut, il y a la paix et la tranquillité. Il y a de bonnes choses, c’est pour ça que j’aime bien » (Macan, Mali).
« Je m’appelle Omar Camara. Depuis que je suis arrivé en Europe, et plus particulièrement en Espagne, ma vie a beaucoup changé. J’ai vu et compris beaucoup de choses. La vie en Europe et en Afrique n’est pas la même, parce que si tu n’as pas de papiers, tu ne peux pas travailler » (Omar, Guinée).
« Il y a plus d’opportunités. Le niveau de vie est plus élevé. Bonnes infrastructures. Il y a des gens froids et moins amicaux » (Marian, Roumanie)
« Il y a beaucoup d’opportunités de travail ici. En même temps, quand il n’y a pas de papiers, pas de bons emplois » (Mohammed, Maroc).
« La sécurité. Être bien. Changer le fait de ne pas avoir d’emploi, de pouvoir travailler » (Adi, Sénégal)
« Cette déclaration s’adresse à tous les migrants qui ont dû quitter nos pays à la recherche d’un avenir meilleur. Résistez. C’est ce qu’il vous reste. Du courage. Beaucoup de force. Ma famille qui est loin. Je veux juste leur dire qu’ils sont mon tout et ma force. Vous ne savez pas à quel point vous me manquez. Vivre loin n’est pas facile mais je sais que je réalise mes rêves. Chaque jour qui passe, j’ai hâte de vous voir tous. J’ai hâte de vous serrer dans mes bras. Je vous aime » (Mouhamed, Sénégal).
Casa Betania es un proyecto de la Fundación La Merced Migraciones que acoge a un grupo de jóvenes solicitantes de protección internacional de diferentes nacionalidades. Invitados por Michel Bustillo y Sara García, tuvimos la oportunidad de pasar dos días de convivencia e intercambio con los jóvenes en este espacio que constituye un modelo de acogida respetuosa y digna donde ellos se sienten como en su casa. Durante una primera sesión de discusión colectiva se abordaron diferentes temas que les preocupan : solicitud de protección internacional, acceso al trabajo, salida del centro, vivienda, regularización por arraigo, salud mental, religión, deporte, necesidad de ser pacientes, importancia de tener amigos, cómo insertarse en la sociedad, etc.
En una segunda sesión organizada con la ayuda de Angie, Humberto y Natalia, propusimos un primer tiempo de dibujo colectivo en formato y tema libre y un tiempo de expresión en torno a dos temas: en primer lugar, ¿cuáles son los aspectos positivos de su nueva vida en Europa?; en segundo, ¿qué otros aspectos no son tan positivos y les gustaría poder cambiar?.
Work in progress
Los resultados se detallan a continuación. Inmensas gracias a los jóvenes y voluntarias por esta bella realización colectiva.
CARTEL COLIBRÍ
De izquierda a derecha y de arriba a abajo : Dibujos de Luis Carlos, Angie, Mohammed, Bananding, Natalia y Humberto
CARTEL MIRLO
De izquierda a derecha y de arriba a abajo: Dibujosde Macan, Omar, Marian, Mohammed, Natalia, Daniel, Adi, Mouhamed
“Lo que me gusta de Europa es la calidad de vida y las oportunidades que se le dan a las personas para crecer internamente. lo que no me gusta es que veo cierta inconsciencia en acciones básicas de la sociedad” (Luis Carlos, Colombia)
“Me siento tranquilo y seguro -> positivo. Me quedo sin trabajar y sin papeles para mi en España. Yo confío en mi esfuerzo, estoy abriendo puertas que aún no veo” (Mohammed, Senegal)
“Me gustan las protecciones. Y ayudar para saber hablar lenguas. Y las formaciones. Lo más importante los papeles La gente que están denegados Como van a hacer para mejorar sus situaciones” (Bananding, Senegal)
“Aquí en España sin papeles no puedes hacer contrato de trabajar, no me gusta eso. Aquí tu vives como tú quieres, hay tranquilidad. Hay cosas buenas, me gusta por eso” (Macan, Mali)
“Mi nombre es Omar Camara, desde que llegué en Europa, especialmente en España, mi vida ha cambiado completamente. He visto muchas cosas y me di cuenta de muchas cosas. Sobre la vida en Europa y en África, no es igual, porque si no tienes papeles no puedes trabajar” (Omar, Guinea)
“Hay más oportunidades. Nivel de vida más alto. Infraestructuras buenas. Hay algunas personas frías, menos amistosas” (Marian, Rumanía)
“Aquí hay muchas oportunidades disponibles para trabajar. Al mismo tiempo no hay papeles, no buen trabajo” (Mohammed, Marruecos)
“Seguridad. Estar bien. Cambiar no haber trabajo, por trabajar” (Adi, Senegal)
“Esto va para todos los inmigrantes que tuvimos que salir de nuestros países a buscar un futuro mejor. Resistir. Es lo que os queda. Ánimo. Mucha fuerza. Mi familia que estás lejos. Solo quiero decirles que son mi todo y mi fuerza. No saben cuánto les extraño. Vivir lejos no es fácil pero sé que estoy cumpliendo mis sueños. Cada día que pasa las ganas de verlos son muy grandes. No veo la hora de poderlos abrazar. Los amo” (Mouhamed, Senegal)
L’exposition présente les histoires de Conchita, Catherine et Rosine, respectivement d’origine espagnole, italienne et portugaise, ayant migré en Nouvelle-Aquitaine au cours du XXème siècle. Elles témoignent de leurs difficultés et des actes d’hostilité qu’elles ont subis, au moment de leur arrivée en France. Leur statut d’étrangères les a souvent rendues indésirables aux yeux de la société d’accueil. Pour autant, les personnes rencontrées ont insisté sur leur capacité à mettre en place des stratégies, dès leur jeune âge, pour sortir de la case d’ «enfants d’immigrés» et être considérées, simplement, comme des jeunes de leur génération. Elles ont constitué des réseaux d’entraide et acquis des ressources leur permettant de s’émanciper d’une forme d’extranéité et de jouer un rôle dans le projet migratoire de la famille.
Ces photos et extraits d’entretiens recueillis à Angoulême, Marmande et Bayonne, villes où ces femmes demeurent actuellement, ne sont qu’une petite partie de l’histoire d’une jeunesse en migration. Au fur et à mesure de leur parcours, elles se libèrent des chaînes de l’extranéité.
Leurs histoires nous invitent à chérir de telles mémoires et à les mobiliser comme un nouvel angle de lecture pour comprendre les conditions de vie des jeunes exilés d’aujourd’hui.
L’exposition a été réalisée par Francesca Di Donato dans le cadre du projet Migration Positive porté par l’Observatoire de la Migration de Mineurs du laboratoire Migrinter (CNRS- Université de Poitiers) avec le soutien financier de la Fondation de l’Université de Poitiers et du programme CPER INSECT.
En collaboration avec Sylvie Marchand et Lionel Camburet de Gigacircus et dans le cadre du projet Hospitalité en Actions, nous avons organisé un atelier artistique avec des demandeurs d’asile de l’HUDA de Ruffec géré par l’association Audacia. Les personnes participantes étaient libres de s’exprimer par le dessin ou l’écriture. Les thèmes suggérés étaient les aspects positifs de la nouvelle vie à Ruffec, les choses à changer et, enfin, leurs souhaits pour l’avenir. L’atelier a eu lieu au théâtre de la Canopée avec la participation et le soutien des habitants de Ruffec.
Dessin 1 (1,60m x 2,50m)
Dessin 2 (1,60m x 2,50m)
Et voici quelques photos avec les détails des dessins
Ce document présente le contexte, la méthode, le déroulement et les principaux effets d’une recherche-action collaborative qui a été menée par une équipe d’intervenants du Cabinet Babel. Il s’appuie sur un travail de recherche dont l’objet a porté sur la prise en compte de la santé mentale des Mineurs Non Accompagnés au sein des services qui leur sont spécifiquement dédiées dans le cadre de la protection de l’enfance en France.
Il fait le récit d’une intervention institutionnelle qui a concerné des équipes socio-éducatives, certains de leurs partenaires et des jeunes MNA. Il présente une analyse méthodologique rétrospective du processus. Il revient également sur différents enseignements tirés de cette démarche en matière de compréhension de la santé mentale et de ce qui la sous-tend. Il permet aussi de rendre visible des logiques d’action à l’œuvre dans les services spécifiquement dédiés aux jeunes MNA qui se sont développés depuis le milieu des années 2010.
Deuxième édition de « Migrations, citoyenneté et vidéo // Cour(t)s d’histoires », deuxième vague de portraits touchants et bien documentés de la part d’élèves de Nouvelle-Aquitaine. Une véritable célébration de la mémoire de l’immigration régionale !
Ce concours consiste en la création, par des élèves de collèges et lycées de Nouvelle-Aquitaine, de portraits vidéo de 2 minutes de personnalités liées à l’histoire de l’immigration régionale, qu’ils soient célèbres ou anonymes, à partir d’archives collectées par les classes, mais aussi de créations et de prises de vues produites à leur initiative.
Les élèves ont pu réaliser ces portraits avec l’aide des réalisateurs-monteurs du collectif 13m². Ces professionnels ont produit un gabarit global et ont, ensuite, monté les films selon les indications précises des élèves.
La réalisation de ces films s’est déroulée comme suit :
Choix du sujet
Recherche de ressources archivistiques
Visite de l’exposition « Immigration des Suds »
Ecriture d’un scénario et d’une narration audio
Enregistrement des voix des élèves narrateurs
Fin de la collecte de ressources : archives, prises de vues directes, musiques et créations variées
Proposition du séquencier à 13m², avec précisions des intentions de montage, ainsi que des effets sonores et visuels désirés
Montage final
En 2022-2023, chacun des 8 établissements inscrits a réalisé un portrait. Le 31 mai 2023, avec présence d’un représentant de Migrinter, c’est la grande première pour tous ces films ! Un jury présidée par David Diop, prix Goncourt des lycéens, a délibéré à l’Hôtel de Région de Nouvelle-Aquitaine, dans la salle plénière, pour décerner les 3 lauréats de cette session 2023!
« Derrière les barbelés : l’histoire sombre du Polo Beyris »- Collège public Errobi, Cambo les Bains (64)
« Elle & Nous: une histoire de fraternité » – Lycée professionnel Jean Capelle – Bergerac (24)
Losseni, askatasurenako bidea (Losseni, la route de la liberté) – Piarres Larzabal Kolegioa- Ciboure (64)
Aussi nominés (et félicités pour la qualité de leurs films) :
Conchita Gutierrez – Le convoi des 927 – Collège Marc Chagall- Dompierre-sur-mer (17)
Blessures de guerre: une famille divisée par la guerre d’Algérie- LP2I- Jaunay-Marigny (86)
Les enfants du Cafi: insouciance dans l’exode- Collège Lucie Aubrac- Castelmoron-sur-Lot (47)
Mohamed Mechti: les combats d’un tirailleur français- Lycée professionnel Les Menuts (33)
Boubacar Doumbouya: le parcours d’un MNA- Collège Jean Jaures Bordeaux (33)
Lors de nos travaux d’enquête dans le cadre du projet Migration Positive (2020-2022), portant sur les aspects constructifs et bénéfiques de l’expérience migratoire, un ample nombre des jeunes migrants consultés nous ont pourtant exprimé leur souhait de transmettre un message préventif (voir clairement dissuasif) à leurs camarades restés aux pays, notamment en raison des dangers liés à la route migratoire et à l’incertitude et précarité de leur situation une fois en Europe, surtout au niveau administratif. À cet égard, Stephen Ngatcheu, jeune camerounais, nous a dit : « Je ne conseillerais pas à quelqu’un qui vit au pays de prendre le même trajet que moi parce que quelque part c’est participer à un crime moral (…) En quelque sort, quitter son pays c’est accepter de mourir ».
Ce type de message de mise en garde par rapport à l’expérience migratoire, majoritaire entre nous interlocuteurs, contraste avec l’image de réussite véhiculée par des nombreux migrants, principalement via les réseaux sociaux, et qui contribue à alimenter les imaginaires sur le mythe de la vie en Europe auprès des proches restés au pays (Fouquet, 2007 ; Kirmi, 2008 ; Lacroix, 2010 ; Saltzbruun et al., 2017, Fernier et Senovilla, 2021).
En parallèle, dans nos expériences préalables de recherche auprès des mineurs et jeunes non accompagnés en situation de migration dans différents contextes européens, nous avons constaté l’importance d’apporter des informations appropriées sur leur situation, notamment en termes de statut migratoire, afin de leur donner la possibilité de comprendre et d’exprimer leur point de vue de manière indépendante sur toutes les décisions les concernant. Comme l’indique un récent rapport du Conseil de l’Europe[1], les mineurs migrants déclarent recevoir de la part des passeurs la plupart des informations pendant leur voyage migratoire. Ce besoin d’information que nous avions étudié notamment lors du projet ADIMENA[2], reste logiquement nécessaire pour les adolescents et jeunes basés aux principaux pays d’origine de la migration vers l’Europe, fortement impactés par les imaginaires de départ dominants dans ces contextes.
L’article 12 de la Convention Internationale des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CIDE) établit le droit de tout enfant d’exprimer librement son opinion sur toutes les questions qui le concernent. Ces opinions doivent être dûment prises en compte en fonction de l’âge et de la maturité de l’enfant. L’article 12 ouvre donc un droit à la participation des enfants validant leur considération comme sujets actifs de droit. Les mineurs n’ont pas le droit de décider mais il ont le droit à participer activement à la prise de décisions. Or, pour pouvoir participer, il faut apporter les informations nécessaires sur les différentes situations, circonstances, solutions, options possibles et sur leurs conséquences. Le Comité de Droits de l’Enfant des Nations Unies a insisté à plusieurs reprises sur l’importance de ces postulats et sur le fait que le droit à l’information est intrinsèquement lié au droit à la participation[3].
Au croisement de ces deux expériences préalables de recherche (Migration Positive et ADIMENA), le projet MEM constitue une collaboration entre l’Observatoire de la Migration de Mineurs du laboratoire MIGRINTER (UMR 7301- CNRS- Université de Poitiers) et l’association Accross the World, basée à Abidjan.
Notre but principal est d’établir une dynamique de dialogue et de communication entre mineurs et jeunes migrants présents en Europe et leurs camarades au pays, initialement dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest et en particulier de la Côte d’Ivoire, mais avec une volonté de diffuser nos résultats et productions de valorisation dans un contexte plus ample. L’objectif subjacent de cette dynamique est de produire une connaissance qui nous permette d’élaborer des supports d’information le plus objectivés possible. Ces supports d’information porteront sur les différents enjeux liés à l’expérience migratoire, notamment sur les conditions du voyage et la situation aux frontières ainsi que tous les aspects juridiques, administratifs et sociaux associés à la vie en Europe d’intérêt pour les personnes primo-arrivantes. Au-delà, les travaux d’enquête que nous allons mener dans le contexte africain nous permettront aussi de produire des éléments de compréhension sur les perceptions des jeunesses africaines autour de la migration vers l’Europe en lien avec la décision (ou non) de partir.
Il est important de signaler que notre position d’enquête se situera dans une optique de neutralité sans prétendre ni dissuader ni promouvoir la migration. Or, notre volonté de relayer de façon pure la parole des jeunes que nous rencontrons et qui s’impliquent dans nos activités participatives de recherche supposera éventuellement une subjectivité liée à leur propre perception de la réalité qu’ils vivent. Nous respecterons cette subjectivité comme ça a été le cas lors de la première production dans le cadre de ce projet MEM, la chanson ‘Y a du bon, y a du mauvais’ dont le clip et paroles sont disponibles sur la chaîne Youtube Migration Positive :
En termes d’autres livrables, notre objectif principal est d’élaborer une vidéo d’animation d’entre 5 et 10 minutes à but informatif portant sur trois questions principales déclinées de la façon suivante : (1) Avant partir (questions à se poser avant départ, ce qu’il faudrait savoir, rôle des familles, des amis, des proches déjà en Europe, etc.) ; (2) Le voyage (routes, temps, budget, lieux dangereux, violences, frontières) ; (3) Arriver en Europe (des nouvelles frontières, où s’établir, documents, travail, réussir).
La date estimée pour la diffusion de cette vidéo est le premier semestre de 2024.
Références
Fernier, L., Senovilla, D. (2021), Migration Positive, aspects positifs de l’expérience migratoire, Ouvrage illustré par Maxime Jeune, Observatoire de la Migration de Mineurs & Migrinter, 37 pages.
Fouquet T. (2007), Imaginaires migratoires et expériences multiples de l’altérité : une dialectique actuelle du proche et du lointain, in Autrepart, (41), 83-98.
Kirmi B. (2008), Pourquoi quitter son pays ? Le mythe de l’Europe., in Barataria. Revista Castellano-Manchega de Ciencias Sociales, (9), pp. 17-224.
Lacroix T. (2010), L’imaginaire migratoire : jeunes marocains de France, in Lorcerie, F. (Ed.), Pratiquer les frontières : Jeunes migrants et descendants de migrants dans l’espace franco-maghrébin, CNRS éditions.
Salzbrunn M., Mastrangelo S., Souiah F. (2017), Migrations non-documentées et imaginaires sur Internet : Le cas des harraga tunisiens, in Visions croisées autour des frontières européennes : mobilités, sécurité et frontières, Éditions de l’Université de Galatasaray, pp.91-113.
[1] CONSEIL DE L’EUROPE (2018), Des informations adaptées aux enfants en situation de migration, Rapport de conférence, Strasbourg, 29-30 novembre 2017, 11 p.
[3] Observations Générales 6 (2005), 12 (2009), 14 (2013) puis les Observation conjointes avec le Comité des Droits des Travailleurs Migrants 3 (2017) et 4 (2019).